
Des affichages pour rythmer l’année scolaire
Enseigner le français, c’est parfois lutter contre des règles de grammaire arides ou des exceptions orthographiques décourageantes. Mais c’est aussi découvrir une langue riche d’histoire, de jeux de mots et d’anecdotes fascinantes.
Pour briser la routine, voici une sélection basée sur 36 affichages éducatifs, conçus pour offrir une « dose de culture » hebdomadaire à vos élèves (ou à vous-même !) tout au long de l’année scolaire. De la ponctuation qui sauve des vies aux origines surprenantes des mots, explorons les pépites de la langue française. J’ai pensé qu’il serait possible d’afficher chaque semaine une de ces fiches sur la porte de nos salles.
1. La grammaire et l’orthographe par le rire
Rien de tel que l’humour ou des moyens mnémotechniques pour retenir les règles complexes.
- La ponctuation vitale : une simple virgule peut tout changer. L’affichage nous rappelle la différence cruciale entre « MANGEONS LES ENFANTS ! » (cannibalisme) et « MANGEONS, LES ENFANTS. » (dîner en famille).
- Les « Scies » et les « Raies » : pour ne plus jamais entendre « Si j’aurais », rappelez-vous que « Les scies mangent les raies » (on ne met pas de « rai » – conditionnel – après un « si »).
- Les pluriels en -OU : la fameuse comptine est toujours d’actualité pour retenir les 7 exceptions qui prennent un « x » : « Viens mon chou, mon bijou, sur mes genoux… et ne jette pas de cailloux sur ce hibou plein de poux ».
2. Le saviez-vous ? L’origine étonnante des mots
L’étymologie réserve souvent des surprises qui changent notre perception du vocabulaire quotidien.
- Formidable : aujourd’hui synonyme de « génial », ce mot signifiait à l’origine « qui fait peur » (du latin formido, la terreur).
- Rien : paradoxalement, le mot « rien » vient du latin rem qui signifiait « quelque chose ». C’est pourquoi « trois fois rien » devrait logiquement signifier « trois choses » !.
- Silhouette : ce mot vient d’Étienne de Silhouette, un contrôleur des finances du 18ème siècle jugé très avare. Comme les dessins de profils ne coûtaient pas cher, on leur donna son nom.
3. Les records et curiosités linguistiques
Le français est un terrain de jeu pour les amateurs de lettres.
- Le plus long mot : oubliez « anticonstitutionnellement ». Le véritable mot le plus long serait le nom chimique complet de la « Titine » (une protéine), qui prendrait environ 3h30 à prononcer.
- L’exploit de Perec : Georges Perec a écrit La Disparition, un roman de 300 pages, sans jamais utiliser la lettre « E », pourtant la plus courante de la langue.
- Le mot « Oiseau » : c’est une anomalie étonnante : il contient toutes les voyelles (a, e, i, o, u), mais aucune ne se prononce comme elle s’écrit.
- Les palindromes : ces phrases qui se lisent dans les deux sens, comme « Engage le jeu que je le gagne ».
4. Bizarreries de genre et de nombre
Le français adore les exceptions qui confirment la règle.
- Les trois « transgenres » : trois mots sont masculins au singulier mais deviennent féminins au pluriel : amour, délice et orgue (un bel amour / des amours folles).
- L’unique « Squelette » : c’est le seul mot masculin de la langue française qui se termine en « ette ».
- L’unique « Où » : c’est le seul mot français possédant un accent grave sur le « u ».
5. Culture générale et histoire
Enfin, comprendre la langue, c’est aussi comprendre l’histoire.
- L’anglais et le français : saviez-vous que le français a été la langue officielle de l’Angleterre pendant 300 ans (de 1066 à 1362) ? Cela explique l’abondance de mots français dans la langue de Shakespeare.
- Le français olympique : le français est une langue officielle des Jeux Olympiques, et toutes les annonces doivent être faites en français en premier.
Ces 36 affichages offrent un rituel à mettre facilement en place : une anecdote par semaine pour piquer la curiosité des élèves, enrichir leur vocabulaire et leur montrer que le français est une langue vivante, drôle et surprenante.
