En tant qu’enseignant de LCA, nous sommes tous confrontés au même défi : comment faire pour que l’apprentissage des terminaisons et du lexique ne soit pas perçu comme une simple mémorisation mécanique, mais comme un véritable outil de lecture ?

C’est pour répondre à cette problématique que j’ai conçu cette activité de Dominos-Puzzles. L’idée est simple : transformer la grammaire en un objet tangible et manipulable.

Les 3 piliers pédagogiques de ma démarche

1. Sortir de l’automatisme par la manipulation physique

Trop souvent, les élèves récitent leurs tableaux de déclinaisons sans comprendre que le mot est une unité composite (radical + désinence). En créant ces pièces de puzzle, j’oblige l’élève à opérer une segmentation consciente. Pour que deux carrés s’emboîtent, il faut que la rencontre entre le radical et la terminaison soit grammaticalement valide. On passe d’une règle abstraite à un geste concret.

2. L’erreur comme levier d’autocorrection

C’est la force du format « puzzle » : l’activité est auto-corrective. Si l’élève se trompe d’accord (par exemple, s’il associe un radical de la 1ère déclinaison avec une terminaison de la 2ème), le schéma global du carré de 4×4 ne pourra pas se refermer. L’élève n’a pas besoin de l’enseignant pour savoir qu’il a fait une erreur ; il le voit, il cherche, et il rectifie de lui-même. C’est le principe de l’étayage passif.

3. Développer des stratégies de lecture par le balayage visuel

Dans ce jeu, les mots sont écrits dans tous les sens. Cela force l’œil à être mobile et à chercher des indices morphologiques partout sur la page. C’est un excellent entraînement pour la lecture de textes authentiques, où l’ordre des mots en latin peut déconcerter nos élèves habitués à la structure sujet-verbe-complément du français.

Mise en œuvre :

Le lexique de la Domus et la 1ère déclinaison

Dans l’exemple que je vous partage aujourd’hui (voir photos), j’ai ciblé le vocabulaire de la maison romaine (atrium, culina, tablinum…).

  • L’objectif double : consolider le lexique thématique tout en automatisant la reconnaissance des nominatifs en -a et en -um.

À votre tour de créer ! (modèle CANVA)

Parce que cette activité est déclinable à l’infini (verbes, adjectifs, grec ancien…), je vous mets à disposition le modèle CANVA que j’ai élaboré. Vous n’avez qu’à modifier les textes pour l’adapter à votre séquence actuelle ; https://www.canva.com/design/DAHBfE7IskI/D92OSfpztSUD-VHb6oi7jA/view?utm_content=DAHBfE7IskI&utm_campaign=designshare&utm_medium=link&utm_source=publishsharelink&mode=preview

Mon retour d’expérience : mes élèves, même les plus en difficulté, se prennent au jeu du défi chronométré. La grammaire devient alors, le temps d’une séance, un « escape game » linguistique où la réflexion prime sur l’effort de mémorisation pur.