Huit missions pour réviser le français au collège

Les trois premières missions mêlent des notions de langue et des références littéraires. Vous pouvez y rencontrer « didascalie », « Ulysse » ou « métaphore ». Les cinq suivantes permettent de cibler un domaine. La quatrième porte sur la grammaire, des classes de mots aux fonctions et à la phrase. La cinquième est consacrée à la conjugaison, la sixième au récit et à la narration, la septième au théâtre, à la poésie et aux procédés d’écriture. La dernière réunit des figures mythologiques et des personnages littéraires, parmi lesquels Ariane et Renart.

Chaque mission comprend huit cartes. Sept présentent la même liste de vingt mots ou expressions numérotés. La huitième annonce à son détenteur qu’il est l’imposteur et ne lui donne accès à aucun des mots. Les cartes d’une même mission ont toutes le même dos. Pour le tirage, prévoyez vingt petits papiers numérotés de 1 à 20 ou un dé à vingt faces. Chaque mission tient sur deux feuilles A4 à imprimer en paysage, à taille réelle, en recto verso avec retournement sur le bord court. Un papier opaque ou des pochettes opaques identiques préservent le secret des rôles.

Comment se déroule une manche de L’imposteur

Comptez cinq à dix minutes pour une manche de quatre à huit joueurs. Choisissez une mission à partir des notions déjà étudiées. Dans un groupe de cinq, préparez la carte de l’imposteur et quatre cartes ordinaires, puis mélangez-les et distribuez-les face cachée. Désignez la personne qui commence avant de tirer le numéro. Chacun consulte la ligne annoncée et cache sa carte. Tous découvrent le même mot, sauf l’imposteur.

En un seul tour de table, dans le sens des aiguilles d’une montre, chaque joueur donne un indice d’un à trois mots. L’imposteur essaie de tirer parti de ce qu’il entend. Un indice doit évoquer le sens ou l’emploi du mot. Il est interdit de reprendre le mot secret, de citer un mot de sa famille, de faire allusion à ses lettres, à son numéro ou à sa place sur la carte, ou de répéter un indice déjà donné.

Le groupe a ensuite une minute au maximum pour expliquer ses soupçons à partir des indices, sans révéler le mot. Au signal, chacun désigne simultanément un autre joueur. Le joueur qui reçoit le plus de voix est accusé. En cas d’égalité, le groupe discute trente secondes, puis départage les joueurs concernés par un second vote. Si l’égalité persiste ou si le groupe accuse la mauvaise personne, l’imposteur gagne. S’il est désigné, il a un seul essai avant la révélation. S’il trouve le mot, il gagne. Sinon, la victoire revient au groupe. Une forme développée comme « complément d’objet direct » pour « COD » est acceptée. Révélez le mot et faites expliquer les indices. Changez de premier joueur et choisissez une mission encore inutilisée par ce groupe pour éviter qu’il mémorise les correspondances entre les numéros et les mots.

Ce qu’un indice révèle de la compréhension

Pour « quatrain », un élève pourrait dire « quatre vers ». La notion est juste, mais l’indice est très révélateur. « Poème » laisse davantage de doute, tout en convenant à beaucoup d’autres mots de la mission. En revenant sur ces deux propositions, on peut faire préciser ce qu’est un quatrain, puis le distinguer d’un autre type de strophe. La discussion donne une raison de revenir au sens exact du terme, au-delà du résultat de la manche.

En grammaire, la révélation du mot permet de passer de l’indice à une phrase. Pour « attribut du sujet », je proposerais par exemple « Le ciel devient sombre. » On peut demander aux élèves ce que « sombre » dit du sujet « Le ciel », puis leur faire préciser sa classe grammaticale et sa fonction. La distinction devient plus tangible avec un exemple sous les yeux. Pendant le vote, je demanderais aux joueurs de s’appuyer sur une parole précise. Un indice maladroit peut aussi venir d’une notion mal comprise. C’est souvent cette hésitation qui donne le meilleur point de départ pour reprendre le cours avec le groupe.

Du rituel de révision à l’atelier de français

En début de séance, vous pouvez faire jouer une table pendant un court rituel consacré à une notion déjà travaillée, puis confier le jeu à un autre groupe la fois suivante. En ateliers, plusieurs tables peuvent jouer en parallèle. Au retour en classe entière, je demanderais à chacune de rapporter un indice qu’elle a eu besoin d’expliquer. On obtient ainsi quelques exemples précis à reprendre ensemble.

Après une leçon, une mission ciblée peut aussi vous aider à repérer ce qui reste fragile. Si « temps composé » et « passé composé » sont confondus, comparez « il a chanté » et « il avait chanté ». Faites repérer l’auxiliaire et le participe passé dans les deux formes, puis demandez quel temps correspond à chacune. En autonomie, une fois le déroulement connu, chaque table peut gérer le tirage et le vote, puis noter le mot révélé et l’exemple retenu pour en garder une trace.

Aménager la lecture des cartes et la prise de parole

Pour une première partie, le guide propose de retenir huit à dix numéros correspondant à des mots déjà étudiés et d’annoncer ces numéros à tout le groupe, en gardant leur correspondance secrète. Si le repérage dans les deux colonnes gêne un lecteur fragile ou un élève dyslexique, vous pouvez placer le numéro tiré bien en vue et laisser chacun suivre la ligne du doigt avant de retourner sa carte. Le guide prévoit aussi trente secondes de préparation silencieuse pour tous et la possibilité d’un second tour d’indices. Annoncez cet aménagement avant de commencer. Après la révélation, les élèves qui ont déjà une définition bien en tête peuvent chercher une phrase ou un exemple qui la mette à l’épreuve.

Ce que je voulais avec L’imposteur, c’était donner aux élèves une raison de chercher le mot juste et d’écouter celui des autres. La manche prend quelques minutes, puis vient le moment où l’on revient à la leçon, où l’on reprend une définition et où l’on cherche un autre exemple. C’est là que le mot de la carte peut retrouver sa place dans un texte ou dans une phrase.