
Conjugaison au collège – Un jeu pour réviser les dix temps de l’indicatif
J’ai voulu faire conjuguer les verbes dans des phrases courtes, avec assez de contexte pour que le sujet et les autres repères aient un rôle. Une vendeuse range ses chocolats, des apprenties partent livrer des guimauves, un client demande la recette du nougat. À chaque fois, le temps et l’infinitif sont donnés. Les élèves peuvent donc concentrer leurs efforts sur la forme verbale à construire, puis la reprendre dans la phrase entière pour entendre ce qu’ils viennent de produire.
J’ai aussi choisi de faire avancer toute l’équipe avec le même pion. Cette règle laisse une place à l’hésitation. Si personne ne trouve la forme attendue, le groupe la cherche dans le corrigé, relit la phrase complétée et poursuit son chemin. Je tenais à ce que la vérification fasse partie du tour de jeu. Elle donne l’occasion de revenir sur un auxiliaire, une terminaison ou un accord au moment où la question se pose.
Un plateau, trois paquets et deux façons de jouer
Le plateau dessine un chemin au milieu des bocaux de bonbons, de la case « Départ » à la case 10. Le jeu comprend 27 cartes numérotées et huit pions à découper, plier et coller. Chaque pion porte la même friandise sur ses deux faces. Sur chaque carte, les élèves retrouvent le temps demandé, l’infinitif et une phrase à compléter dont le sujet est en gras. Les cartes se répartissent en trois paquets.
- Au comptoir réunit le présent, l’imparfait, le futur simple et le passé composé.
- Dans l’atelier fait travailler le passé simple, le plus-que-parfait et le futur antérieur.
- Les recettes secrètes rassemblent le passé antérieur, le conditionnel présent et le conditionnel passé.
La partie courte se joue avec six cartes d’un même paquet, dont au moins une pour chacun des temps de ce paquet. Elle s’arrête à la case 6. Pour le défi des dix temps, vous prenez une carte par temps dans les trois paquets. Le groupe parcourt alors les dix cases.
Comment jouer en classe
Les cartes s’impriment à taille réelle, en recto verso avec retournement sur le bord long. La règle, le plateau et les pions s’impriment en recto simple. Prévoyez une paire de ciseaux, de la colle pour monter les pions et le corrigé séparé à portée de main. Chaque groupe de deux à quatre élèves place son pion sur « Départ », mélange les cartes choisies et les empile, phrases cachées.
À son tour, un élève pioche et lit à voix haute le temps, l’infinitif et la phrase. Le groupe cherche la forme ensemble, puis vérifie sa réponse dans le corrigé à l’aide du numéro de la carte. Tous relisent la phrase complétée. Le pion avance d’une case, y compris lorsque les élèves ont eu besoin du corrigé pour trouver la réponse. La carte est mise de côté et la personne suivante pioche. Pour lancer la partie, vous pouvez jouer un premier tour avec la classe entière, puis circuler entre les groupes et demander à un élève d’expliquer un choix sur lequel son équipe a hésité.
Ce que les élèves apprennent en complétant les phrases
Avec la carte « offrir » au futur simple, les élèves partent de « tu » et construisent « tu offriras ». Quand ils tirent la carte « compter » au futur antérieur, le même sujet leur demande une autre opération. Il faut cette fois conjuguer « avoir » au futur simple et ajouter le participe passé pour obtenir « tu auras compté ». Reprendre ces deux cartes côte à côte aide à mettre des mots sur ce qui change entre un temps simple et un temps composé.
La lecture collective aide à remettre le verbe à sa place dans la phrase, tandis qu’un passage ponctuel par l’écrit permet de rendre visibles les marques que l’on entend peu ou pas. Avec « les clientes sont venues », je peux demander aux élèves d’écrire la réponse avant la vérification et d’expliquer le « -es » de « venues ». Une ardoise suffit pour voir qui a choisi le bon auxiliaire, qui a repéré le féminin pluriel et qui a encore besoin de s’appuyer sur le sujet en gras. Cela me donne une piste précise pour la reprise en fin d’activité.
Réviser en atelier et adapter le jeu aux élèves
En début de cours, vous pouvez utiliser deux cartes comme rituel et demander une réponse individuelle avant la mise en commun. En atelier, la partie courte permet de cibler les temps qui viennent d’être retravaillés. Le défi complet se prête à une révision où les élèves passent d’une construction à l’autre. Pour garder une trace du travail du groupe, vous pouvez lui faire choisir une carte sur laquelle il a changé d’avis et lui demander d’expliquer ce qui lui a permis de se corriger.
Pour un élève dyslexique ou un lecteur fragile, je poserais une seule carte au centre de la table et je ferais lire la phrase par un camarade. L’élève pourrait suivre sur la carte, montrer le sujet en gras et proposer la forme à l’oral. Pour un groupe qui a besoin d’être guidé sur les temps composés, je ferais chercher d’abord l’auxiliaire, puis le participe passé, en notant les deux éléments séparément sur l’ardoise. Les élèves qui terminent vite peuvent reprendre une carte déjà jouée, changer le sujet et justifier les modifications apportées au verbe.
J’ai imaginé cette confiserie pour les moments où une notion expliquée en classe a besoin d’être reprise plusieurs fois avant de devenir familière. Au terme d’une partie, je garderais volontiers une carte à reprendre au tableau. Avec « Quand la boutique ouvrira, les caramels auront refroidi sur la grille », je demanderais aux élèves de repérer ce qui se passe en premier. La phrase complétée pendant le jeu devient alors un exemple sur lequel s’appuyer pour reparler de la valeur du futur antérieur.
