
Quatre énigmes sur les temps et les modes
Chaque fiche tient sur une page A4 et peut être utilisée séparément. Elle réunit un court texte, quinze formes verbales en gras numérotées de 01 à 15, un tableau de cinq emplois et une grille à colorier. Dans Le bruit du couloir, les élèves distinguent les valeurs du présent de l’indicatif. Au détour du sentier les invite à examiner le rôle de l’imparfait, du passé simple et du plus-que-parfait dans un récit. Le panier de la cantine fait comparer les emplois du futur simple, du conditionnel présent et de l’impératif présent. Enfin, Le tiroir du gardien fait observer le choix entre l’indicatif et le subjonctif.
Pour jouer, il faut une fiche et les crayons de couleur indiqués dans son tableau. L’élève inscrit le numéro de chaque forme verbale sur la ligne qui correspond à son emploi. Il applique ensuite le code à la grille. Toutes les cases qui portent le même numéro reçoivent la même couleur. Les cases associées au blanc restent vierges. Le dessin qui apparaît donne la solution de l’énigme. L’élève la note dans « Ma réponse », puis relève dans « Mon indice dans le texte » un détail du récit qui appuie sa réponse.
Du classement des verbes à la mise en commun
Pour lancer l’activité, vous pouvez projeter le début d’une fiche et traiter une forme avec la classe. Je partirais de « vérifie », précédé de « Chaque matin », pour faire expliquer le lien entre l’expression de temps et l’idée d’habitude. Ensuite, chacun peut compléter son tableau au crayon à papier. En binômes, un élève propose le classement d’une forme et l’autre cherche dans le texte ce qui permet de le défendre. Ils échangent les rôles au numéro suivant.
Pendant le classement, une relance comme « Quel mot ou quel passage t’a aidé à choisir ? » permet de comprendre d’où vient une hésitation. Lors de la mise en commun, je reviendrais sur deux formes qui ont suscité des réponses différentes, puis je demanderais à quelques élèves de lire l’indice qu’ils ont retenu. Le corrigé tient sur une page à part. Il donne les numéros classés, les quatre motifs colorés, un indice possible et un repère grammatical pour chaque énigme.
Ce que le pixel art fait travailler en conjugaison
Dans Au détour du sentier, la phrase « Pendant que je nouais mes lacets, il siffla » permet de distinguer deux rôles dans le récit. Les élèves peuvent raconter la scène avec leurs mots. Le personnage est déjà occupé à nouer ses lacets quand le coup de sifflet survient. En reliant les verbes à ces deux actions, ils donnent un sens aux expressions « à l’arrière-plan » et « au premier plan ». On peut ensuite leur faire chercher, dans le même récit, un imparfait qui sert à décrire ou à exprimer une habitude.
Le dialogue du Panier de la cantine offre une autre comparaison. « Préparera » annonce ce que fera la cantinière, tandis que « resterez » fixe une règle aux élèves. La terminaison aide à reconnaître le futur simple, et la situation de parole permet de comprendre son emploi. Dans Le tiroir du gardien, rapprocher « Je doute que ce plan soit à jour » de « Je suis sûr que ce tiroir contient un indice » attire l’attention sur les expressions qui introduisent les deux propositions. Les élèves peuvent s’appuyer sur le doute ou la certitude exprimés par les personnages pour expliquer le choix du mode.
Le motif donne un premier retour sur le travail. Si une case semble détonner, l’élève peut vérifier le numéro, la couleur et le classement de la forme concernée. Certains élèves trouveront la solution dès la lecture ou avant d’avoir fini la grille. Le tableau reste alors le support de la discussion grammaticale, tandis que l’indice écrit permet de voir quel détail du récit les a mis sur la piste.
Réviser, travailler en atelier ou reprendre une difficulté
En révision, je donnerais la fiche du présent en début de cours, en deux temps. Les élèves classent d’abord quelques formes et justifient un choix, puis reprennent la fiche pour terminer le tableau et la grille. En atelier autonome, ils peuvent consulter le corrigé après avoir écrit leur réponse. S’ils modifient un classement, je leur demanderais de revenir à la phrase et de relever ce qui leur avait échappé. Pour reprendre une difficulté précise, on peut isoler deux emplois, par exemple l’imparfait d’habitude et l’imparfait de description, avant de revenir au texte entier.
Alléger la lecture et le repérage dans la grille
Pour un élève dyslexique ou un lecteur fragile, vous pouvez lire le récit à voix haute pendant qu’il suit sur sa fiche, puis l’inviter à souligner les repères qui l’aident, comme « Chaque matin » ou « Dans une minute ». Un agrandissement en A3 rend les petits numéros plus faciles à distinguer. Une bande de papier placée sous la ligne en cours peut aussi aider à se repérer dans la grille. Si l’écriture ralentit le travail, l’élève peut d’abord dire son indice à voix haute, puis relever quelques mots du passage.
À un élève qui termine vite, je proposerais de transformer « Vous resterez dans l’allée » en « Restez dans l’allée ». Il pourra nommer les deux formes verbales et expliquer pourquoi les deux phrases donnent la même consigne.
J’ai conçu ces énigmes pour le moment où les élèves ont besoin de retrouver dans un texte ce que nous avons expliqué en cours. Le dessin leur donne une raison d’aller au bout de la recherche. Le moment que j’aimerais garder pour la mise en commun, c’est celui où un élève rouvre le récit et montre les quelques mots qui lui ont permis de trancher entre deux emplois.
