
Du récit au pixel art de conjugaison
J’ai choisi un récit court pour que les élèves puissent revenir facilement à la phrase ou au dialogue quand ils hésitent. La première page contient l’histoire, avec 24 formes verbales en gras et numérotées, puis un tableau de classement. Les élèves y inscrivent les numéros dans les six rubriques prévues par la fiche. Ils distinguent le présent, l’imparfait et le futur simple de l’indicatif, le conditionnel présent et le conditionnel passé, ainsi que le présent de l’impératif. Une question écrite leur demande ensuite d’expliquer la différence de terminaison entre « j’ouvrirais » et « j’ouvrirai ».
La seconde page contient la grille et sa légende. Il vous faut donc les deux pages de la fiche et six crayons de couleur. Chaque rubrique du tableau correspond à une couleur. Le futur simple, par exemple, est associé au vert et le conditionnel présent au bleu clair. Une fois le classement établi, les élèves reportent la couleur dans toutes les zones qui portent le même numéro. Une forme du récit peut ainsi correspondre à plusieurs zones de la grille.
Comment lancer l’activité en classe
Je proposerais cette fiche au collège, par exemple en 4e ou en 3e, après une première étude des formes à classer. Vous pouvez commencer par lire le récit à voix haute pendant que les élèves suivent sur leur feuille. Avant de les laisser remplir le tableau, prenez une forme simple et une forme composée. Dans « nous serions passés », le numéro désigne l’ensemble « serions passés ». Si un élève regarde seulement « serions », il peut reconnaître un conditionnel présent dans l’auxiliaire et se tromper sur le temps de la forme complète.
Vous pouvez laisser chacun chercher d’abord sur sa fiche, puis proposer une comparaison en binômes. En cas de désaccord, demandez aux élèves de retourner à la phrase et de dire ce qui leur permet de choisir. Lors de la mise en commun, je reprendrais quelques hésitations avant le coloriage. Les élèves peuvent alors déplacer un numéro dans leur tableau en sachant pourquoi ils changent de réponse. Pour la question écrite, faites préciser que les deux formes sont à la première personne du singulier. On écrit « j’ouvrirais » avec la terminaison -ais quand le personnage envisage d’ouvrir la boîte s’il avait la clé. Dans « Je chercherai la clé et j’ouvrirai la boîte », il annonce ce qu’il compte faire et emploie le futur simple, avec la terminaison -ai.
Ce que les élèves apprennent en classant les verbes
Le rapprochement entre ces deux phrases est au cœur de la fiche. Comme le verbe et la personne restent les mêmes, les élèves peuvent porter leur attention sur la terminaison et sur le sens de chaque réplique. Je leur demanderais ensuite d’inventer deux phrases avec un autre verbe, par exemple « je partirai » et « je partirais ». Il leur faut alors trouver eux-mêmes un contexte dans lequel chaque forme convient. C’est une façon de voir s’ils savent réutiliser la distinction au-delà de l’exemple du grenier.
Le dialogue donne aussi des indices à examiner. Quand un personnage s’écrie « Rattrape cette boîte, vite ! », il s’adresse à quelqu’un pour lui demander d’agir. En rapprochant « Rattrape » de « Pose », les élèves peuvent expliquer la valeur de ces impératifs, puis observer qu’aucun pronom sujet n’est exprimé. Avec « elle serait tombée », ils ont un autre geste à faire. Ils doivent repérer l’auxiliaire et le participe passé, puis les lire ensemble. Le tableau garde une trace de ces choix. Si deux élèves ont classé différemment une forme, il leur permet de retrouver le point précis à discuter, même après avoir commencé le coloriage.
Des variantes pour réviser et accompagner les élèves
En rituel, vous pouvez garder la grille pour plus tard et ne proposer que les deux phrases avec « ouvrir ». Demandez d’abord une justification orale, puis faites écrire les deux terminaisons. En atelier de révision, les élèves peuvent traiter la fiche entière en autonomie avec un tableau de conjugaison à portée de main. Invitez-les à entourer les numéros sur lesquels ils hésitent pour que vous puissiez les reprendre avec eux. Pour les plus rapides, proposez de réécrire une annonce au futur sous la forme d’une hypothèse, en ajoutant une proposition introduite par « si ». Il faut alors modifier la phrase pour que l’hypothèse ait du sens.
Pour un élève dyslexique ou un lecteur fragile, je donnerais d’abord la page du récit seule. Une lecture à voix haute, un cache pour suivre les lignes ou la présentation de quelques formes à la fois peuvent faciliter le passage du texte au tableau. On peut aussi faire encadrer ensemble l’auxiliaire et le participe passé avant de reporter le numéro. Si les allers-retours entre la légende et la grille prennent trop de place dans le travail, l’élève peut poser les six crayons dans l’ordre de la légende ou ajouter une petite pastille de couleur devant chaque rubrique de son tableau une fois le classement vérifié.
Dans La boîte du grenier, je tiens surtout au moment où l’élève revient au dialogue pour expliquer le choix qu’il vient de faire. Le dessin lui donne une raison de poursuivre jusqu’au bout. La discussion autour de deux terminaisons presque identiques, puis leur réemploi dans une phrase de son cru, donnent à cette activité sa place dans un travail de conjugaison.
