Dans un manoir, les élèves cherchent la salle où se trouve un billet, l’objet qui le dissimule et la figure de style qu’il contient. À chaque tour, un extrait littéraire leur donne l’occasion de reprendre ce geste de lecteur.

Le billet disparu, un jeu d’enquête en français sur les figures de style au collège

J’ai organisé les défis en trois paquets de neuf cartes. Le paquet A réunit la comparaison et la métaphore, le B la personnification et l’hyperbole, le C l’anaphore et l’antithèse. Avec deux réponses possibles sur chaque carte, les élèves savent où chercher et peuvent consacrer leur attention à la justification. Dans le premier paquet, par exemple, ils doivent expliquer comment se construit le rapprochement. Dans le dernier, ils vérifient si des mots reviennent au début de segments successifs ou si deux termes ou idées s’opposent. Trois mémos rappellent les définitions et indiquent quoi relever dans chaque cas.

J’ai choisi de courts extraits de poésie, de théâtre et d’autres textes, signés notamment par Victor Hugo, Louise Labé, Molière ou Émile Zola. Le nom de l’auteur et la référence permettent de retrouver le passage si vous souhaitez prolonger la lecture. Certaines cartes donnent une précision qui aide à comprendre la citation. Celle tirée de Phèdre, par exemple, rappelle le sens de « transir » avant de demander aux élèves d’examiner son rapprochement avec « brûler ».

Comment se joue Le billet disparu en classe

Le jeu se joue à trois à six joueurs ou équipes. Le PDF réunit la règle, le plateau du manoir et ses six salles, les 18 cartes Indice, les 27 cartes Défi, les mémos, les fiches d’enquête et le corrigé. Prévoyez une enveloppe opaque, ainsi qu’un pion et une fiche d’enquête par joueur ou équipe. Les pages de cartes et de mémos, de 3 à 10, s’impriment en recto verso sur le bord long, à 100 %, sur du papier opaque pour les cartes. Le reste s’imprime en recto.

Au départ, tous les pions sont dans le hall. On glisse dans l’enveloppe, sans les regarder, une carte Figure, une carte Objet et une carte Lieu. On distribue à parts égales les quinze cartes Indice restantes. Les cartes en surplus, appelées « archives », sont posées face visible. Chacun coche sur sa fiche les cartes qu’il détient et celles des archives, puis on prépare les trois pioches de défis. Pour lancer la partie, vous pouvez jouer un tour à voix haute en montrant à quel moment on utilise le mémo, le corrigé ou la fiche d’enquête.

À son premier tour, le joueur entre dans le Salon ou l’Imprimerie. Aux tours suivants, il peut rester sur place ou rejoindre une salle voisine par un couloir. Il choisit un paquet, pioche un défi, nomme la figure illustrée par les mots en gras et explique sa réponse. Son voisin de gauche vérifie dans le corrigé et l’aide à reformuler au besoin. La carte Défi retourne sous sa pioche. Le joueur annonce ensuite une hypothèse avec la salle qu’il occupe, un objet de son choix et la figure reconnue. Pour proposer l’autre figure du paquet, il doit en donner un exemple valable et le justifier.

En commençant par le voisin de gauche, le premier adversaire qui possède au moins une carte citée en montre une seule, en secret. Le joueur la coche sur sa fiche. Si personne ne montre de carte, il note les trois codes dans la rubrique « Sans indice » et les recoupe avec les informations dont il dispose déjà. À son tour, il peut remplacer le défi et l’hypothèse par une proposition finale. Il annonce alors son trio et justifie un exemple de la figure proposée. Après validation de l’exemple par le groupe, il vérifie seul l’enveloppe. Si le trio est exact, il le révèle et gagne. S’il se trompe, il passe ses prochains tours tout en continuant à répondre aux hypothèses des autres. Si tous se trompent, le groupe ouvre l’enveloppe ensemble.

Ce que les élèves apprennent en justifiant leurs réponses

Chez Baudelaire, dans « Spleen », le ciel pèse « comme un couvercle ». Pour expliquer la comparaison, l’élève désigne le ciel, le couvercle et le mot « comme », puis il peut préciser ce que l’image fait sentir du poids du ciel. Chez Hugo, dans « Booz endormi », il faut comprendre que la faucille désigne le croissant de lune et que la courbe permet de passer de l’un à l’autre. À la mise en commun, je choisirais ces deux cartes pour faire entendre la différence entre une réponse qui nomme la figure et une explication qui s’appuie sur les mots du texte.

La vérification par le voisin ménage un temps de reprise immédiat. Un élève qui dit simplement « c’est répété » pour reconnaître une anaphore peut relire les débuts des segments et préciser quels mots reviennent et à quelle place. Lorsqu’il invente un exemple pour proposer l’autre figure du paquet, il doit réutiliser le critère dans une phrase nouvelle. La fiche d’enquête, elle, lui demande de garder une trace des indices et de vérifier la cohérence de sa proposition avant d’ouvrir l’enveloppe.

Des cartes Défi à la partie complète

En rituel, vous pouvez prendre deux cartes d’un même paquet et demander à chacun de noter la figure et les mots qui la justifient. Les réponses donnent un aperçu des confusions à reprendre. En atelier de révision, vous pouvez installer la partie complète et faire tourner les rôles dans les équipes. Un élève lit l’extrait, un autre explique le choix, un troisième tient la fiche d’enquête. Pour un travail individuel, les cartes Défi se prêtent aussi à un entraînement avec le mémo, puis à une vérification à l’aide du corrigé.

Pour les élèves dyslexiques ou les lecteurs fragiles, je proposerais une lecture à voix haute de l’extrait, la carte sous les yeux pour qu’ils puissent retrouver les mots en gras. Vous pouvez aussi agrandir quelques cartes et laisser le mémo correspondant à côté. Pour guider la justification, une question précise suffit souvent. « Quels mots reviennent, et où ? » aide à formuler une réponse sur l’anaphore. Les élèves plus à l’aise peuvent prendre une phrase de comparaison, la transformer en métaphore et expliquer ce qu’ils ont modifié.

J’ai conçu Le billet disparu pour le moment où les définitions commencent à être connues et où les élèves ont besoin de s’en servir sur des textes variés. Je garderais quelques cartes après la partie pour les relire ensemble. Une fois le billet retrouvé, on peut prendre le temps de revenir sur une phrase qui a fait hésiter la table et écouter ce que chacun y a repéré.