
Le sujet du verbe au collège, un jeu d’enquête en grammaire
J’ai voulu donner aux élèves une raison de formuler une réponse précise. Quand il s’agit de poser une carte sur son plateau, il faut dire quels mots forment le sujet et décider quelle case correspond à la phrase. Dans le Bureau des archives, les phrases se présentent sous la forme de pièces numérotées. Une lampe, un trousseau ou un pli scellé illustrent les cartes. La loupe, elle, a un rôle très concret puisqu’elle passe d’un lecteur au suivant.
Deux plateaux pour enquêter en grammaire au collège
Le jeu se joue de deux à quatre, avec un plateau de six cases par élève, une pioche de 24 cartes, une loupe en papier pour la table et trois mémos à garder visibles. Chaque carte porte une phrase et signale en gras le ou les verbes à examiner. Le corrigé séparé associe à chaque numéro de carte le sujet complet, le ou les verbes ciblés et la case attendue.
Le plateau classique s’utilise avec la série A ou B. On y rencontre un groupe nominal à nom commun, un groupe nominal réduit à un nom propre ou un pronom personnel, mais aussi un sujet inversé, deux groupes nominaux coordonnés par « et » et un sujet commun à deux verbes. Le plateau expert, associé à la série C ou D, reprend les cases du sujet inversé et du sujet commun. Il y ajoute le groupe infinitif, la relative substantive, la conjonctive complétive et le « il » impersonnel. Vous pouvez choisir le plateau en fonction des constructions déjà étudiées.
Comment lancer et mener une partie en classe
Imprimez un plateau par élève et préparez une loupe ainsi que les trois mémos par table. Pour les cartes, choisissez une seule série, imprimez-la à 100 % en recto verso avec retournement sur le bord long, puis découpez en suivant la grille du recto. Mélangez les cartes et formez une pioche face cachée. Avant la première partie, je vous propose de jouer un tour ensemble pour que chacun voie ce qu’on attend dans la réponse.
Le joueur qui a la loupe retourne une carte, la montre et lit la phrase à voix haute. En commençant par lui, chacun peut, dans le sens horaire, passer ou proposer le sujet complet du ou des verbes en gras et le numéro d’une case encore libre sur son plateau. On consulte ensuite le corrigé. La première réponse exacte qui correspond à une case libre remporte la carte, que le joueur pose sur cette case. Si personne ne la gagne, elle est écartée. La loupe passe au voisin. Le premier à remplir ses six cases gagne. Si la pioche s’épuise avant, on compare le nombre de cases remplies et, en cas d’égalité, on partage la victoire.
Ce que les élèves apprennent en choisissant une case
Le plateau fait apparaître des distinctions qui restent parfois floues dans un exercice de repérage. Dans « Marie chante et danse avec entrain », « Marie » est un nom propre, mais la carte va dans la case du sujet commun à deux verbes. L’élève doit donc vérifier le lien de « Marie » avec « chante », puis avec « danse ». Pour « Au bout du couloir grince une porte », on peut reprendre la phrase dans l’ordre habituel, « Une porte grince au bout du couloir », et expliquer pourquoi la place du sujet sur la carte conduit à la case du sujet inversé.
Sur le plateau expert, la phrase « Que la clé ait disparu inquiète l’inspectrice » invite à essayer « Cela inquiète l’inspectrice ». Le remplacement permet de voir que toute la proposition occupe la place du sujet. Les mémos donnent des points d’appui pour ces vérifications, du repérage du verbe en gras au remplacement par un pronom. En fin de partie, je vous suggère de reprendre une carte qui a fait hésiter les joueurs et de demander aux élèves de refaire la manipulation à voix haute. Vous pouvez ainsi entendre si l’élève s’est appuyé sur l’accord, sur un remplacement ou sur la place des mots.
De l’atelier de révision à la remédiation
En atelier, la série A ou B se prête à une reprise après une leçon sur le sujet. Pour un rituel de début de cours, vous pouvez prélever deux cartes et faire écrire le sujet complet avant de mettre les réponses en commun. En accompagnement, un tri à cartes visibles permet de comparer, par exemple, une phrase où le sujet précède le verbe et une autre où il le suit. Vous pouvez aussi renouveler la pioche d’une partie à l’autre grâce aux cartes de réserve. Le corrigé permet de remplacer une carte par une autre qui relève de la même case. La règle prévoit aussi une variante de rapidité. Après la lecture, la loupe est posée au centre et le premier joueur qui la touche répond en premier.
Des aménagements pour garder le temps de chercher
Avec des élèves dyslexiques ou des lecteurs fragiles, je privilégierais le tour de table ordinaire et une lecture à deux voix si l’élève qui tient la loupe le souhaite. On peut mettre à disposition une copie agrandie des cartes, laisser la phrase sous les yeux du groupe et ménager un court temps de recherche avant la première réponse. Un élève qui hésite sur la longueur du sujet peut en montrer le premier et le dernier mot, puis s’appuyer sur le mémo pour proposer un remplacement. Aux élèves déjà à l’aise, je demanderais d’expliquer leur choix lorsque deux cases semblent possibles ou d’inventer une phrase qui irait dans la même case.
J’ai conçu cette enquête pour que les élèves aient envie de revenir à une phrase et de regarder d’un peu plus près comment elle est construite. Après la partie, j’aime l’idée de garder une carte sur la table, de reprendre la manipulation qui a aidé à trouver le sujet, puis de l’essayer dans une autre phrase, cette fois dans le cahier. C’est là que la recherche menée autour du plateau peut servir à la lecture comme à l’écriture.
