Les classes grammaticales en 4e : cours, exercices et évaluation avec La Chevelure de Maupassant

Dans « Je regarde la montre », la accompagne un nom. Dans « Je la regarde », il reprend ce nom. Deux phrases proches, un mot identique, mais deux classes grammaticales différentes. Reconnaître la nature d’un mot exige de lire la phrase, de regarder les mots autour et de pouvoir expliquer son choix.

C’est dans cet esprit que j’ai conçu ce cours de français pour la 4e, accompagné d’exercices, de leur corrigé et d’une évaluation. J’ai choisi de travailler à partir de La Chevelure de Guy de Maupassant : la petite montre observée par le narrateur sert à l’entraînement, tandis que la découverte d’une chevelure cachée dans un meuble fournit le texte de l’évaluation. Les deux passages appartiennent à la même nouvelle, mais placent les élèves devant des phrases nouvelles à analyser.

Un cours de 4e pour distinguer classe grammaticale et fonction

La classe grammaticale, également appelée nature, désigne la catégorie d’un mot ; la fonction désigne son rôle dans la phrase. Quand je demande la classe de montre, la réponse attendue est « nom », et non « sujet » ou « complément ». Cette distinction évite de mélanger deux questions différentes.

La fiche présente huit classes à reconnaître : le nom, le déterminant, l’adjectif, le pronom, le verbe, l’adverbe, la préposition et la conjonction. Chaque entrée donne un critère de reconnaissance et un exemple. Je précise ensuite des catégories utiles pour l’analyse : articles définis et indéfinis, déterminants possessifs et démonstratifs, pronoms personnels et relatifs, conjonctions de coordination et de subordination. Il ne s’agit pas seulement de mémoriser ces noms. Le support demande de vérifier, dans une phrase, si le mot accompagne un nom, reprend un élément déjà nommé ou introduit une proposition.

Comparer les emplois d’un même mot

Le cœur de l’activité repose sur la comparaison, à l’aide de phrases modèles. Dans « Je regarde la montre », la est un article défini : il accompagne montre. Dans « Je la regarde », la est un pronom personnel : il reprend la montre. Le cours fait aussi confronter deux emplois de que. Dans « Je crois que la boîte est vide », il introduit une proposition et s’analyse comme une conjonction de subordination. Dans « La boîte que tu ouvres est vide », il reprend la boîte : c’est un pronom relatif.

Pour conduire ce travail, je peux faire lire les deux phrases à voix haute, demander quel mot suit la ou ce que reprend que, puis faire formuler la justification avant d’annoncer la classe. Cette étape compte autant que la réponse : elle oblige à examiner le contexte plutôt qu’à choisir la première étiquette qui vient à l’esprit. Le même raisonnement sert ensuite pour une, son, Elle et avec dans le court passage consacré à la montre.

Des exercices de grammaire qui demandent des preuves

Après les exemples guidés, les élèves s’entraînent en cinq temps. Ils relèvent d’abord, dans un bref extrait de la nouvelle, deux noms communs, deux adjectifs, deux verbes conjugués à un temps simple et deux adverbes. La consigne exige deux mots différents dans chaque catégorie : relever deux fois si, par exemple, ne suffit pas. Viennent ensuite l’identification précise de quelques mots, la comparaison de la et de que, puis deux manipulations.

Ces manipulations donnent un moyen concret de justifier. En passant « une boîte légère » au pluriel, l’élève constate que l’adjectif varie avec le nom. En comparant « Il ouvre délicatement le tiroir » et « Elles ouvrent délicatement les tiroirs », il observe que délicatement ne change pas et précise la manière d’ouvrir. Le cours propose aussi de changer le temps ou la personne pour reconnaître un verbe conjugué à un temps simple. Chaque opération rend visible un indice que l’élève pourra réutiliser devant une autre phrase.

Le dernier exercice quitte le seul repérage : une montre arrêtée se remet à sonner, et les élèves racontent la réaction du personnage en deux phrases. Ils doivent employer, souligner et nommer un déterminant possessif, un adjectif, un adverbe et un pronom personnel. Cette écriture courte vérifie qu’ils savent choisir ces mots dans leur propre récit. Le corrigé joint répond aux cinq exercices du cours ; il propose des réponses possibles et explique plusieurs choix, ce qui permet de revenir sur le raisonnement pendant la mise en commun.

Une évaluation sur un nouvel extrait de Maupassant

L’évaluation est un document distinct, sur quatre pages et noté sur 20. Le passage choisi raconte la découverte de la chevelure dans la cachette d’un meuble ancien. Les lignes sont numérotées et deux mots de vocabulaire sont expliqués. Les élèves retrouvent cinq types de tâches, chacune sur quatre points : relever et classer, identifier précisément, distinguer deux emplois d’une même forme, justifier par une manipulation et réemployer des classes grammaticales dans un court récit.

Le changement d’extrait est intéressant : il demande de transférer une méthode, et pas de retrouver les réponses de l’entraînement. Pour préparer l’évaluation, je peux faire expliciter la démarche suivie dans les exercices : quel nom un déterminant accompagne-t-il ? Quel élément un pronom reprend-il ? Que montre le passage au pluriel ? Pendant la correction, ces questions permettent de comprendre pourquoi une réponse est juste ou doit être reprise. Le corrigé fourni avec le dossier concerne les exercices du cours ; l’évaluation, elle, n’est pas accompagnée d’un corrigé.

Adapter le travail aux besoins des élèves

Le support peut être utilisé d’un seul tenant ou par étapes. En début de travail, la comparaison de deux phrases peut se faire collectivement au tableau. Les cinq exercices se prêtent ensuite à un entraînement individuel ; en binômes, les élèves peuvent confronter leurs justifications avant la mise en commun. Pour une reprise ciblée, je choisirais seulement les deux emplois de la ou la manipulation de l’adjectif, selon le point qui résiste. Un court rituel de début de cours est également possible avec une phrase et une justification orale.

Pour un élève dyslexique ou un lecteur fragile, je peux présenter une seule phrase à la fois, lire la consigne à voix haute et marquer visuellement le mot étudié ainsi que le nom qu’il accompagne ou reprend. Avant le relevé dans le texte, rappeler la différence entre infinitif et verbe conjugué évite aussi une erreur prévue dans le cours. Un élève plus rapide peut expliquer pourquoi l’autre réponse de la paire est impossible, ou inventer deux phrases où la change de classe. Ces aménagements portent sur les gestes demandés par la fiche ; ils ne changent pas l’objectif grammatical.

J’ai pensé cette ressource pour que l’identification des classes grammaticales passe par la lecture, la comparaison et la preuve. Le texte de Maupassant donne des mots à observer en contexte ; les phrases rapprochées et les manipulations aident à formuler ce que l’on a compris. Le cours pose les repères, les exercices permettent de s’en servir, puis l’évaluation invite à les retrouver dans un autre passage. C’est une façon de donner aux élèves des raisons à leurs réponses, au-delà de la récitation d’une liste de classes.