De Kaboul à la Tribune de l’ONU : jeu de rôle où élèves portent la voix des femmes afghanes

Après la lecture poignante du roman Parvana, une enfance en Afghanistan, mes élèves ont franchi une étape décisive : passer de la lecture à l’action oratoire. Dans un exercice de plaidoirie intense, la classe s’est transformée, le temps d’une séance, en une assemblée des Nations Unies.

Un plaidoyer pour ne pas oublier

L’objectif de cette activité n’était pas seulement de déplorer une situation, mais de convaincre que le changement est une nécessité absolue. En s’appuyant sur le destin de Parvana, les élèves ont construit des argumentaires structurés autour de trois piliers majeurs de la régression actuelle en Afghanistan :

  1. L’éducation : l’interdiction d’accès aux écoles et universités, qualifiée par l’ONU d’« apartheid de genre » .
  2. L’espace public : les restrictions de mouvement sans tuteur masculin (mahram) et l’obligation du port du voile intégral .
  3. L’effacement systémique : les décrets visant à réduire au silence les voix féminines dans la sphère publique .

L’éloquence comme arme de résistance

Pour donner de la force à leurs propos, les élèves ont dû maîtriser les codes de la rhétorique et de la performance scénique. Ils ont appris à :

  • Captiver dès l’exorde : en utilisant des chiffres chocs, comme les plus de 1 000 jours de fermeture des écoles secondaires en 2026.
  • Rythmer le discours : par l’usage de l’anaphore (« Interdire d’apprendre. Interdire de travailler. Interdire d’exister. ») et de silences stratégiques pour laisser l’émotion s’installer .
  • Incarner la parole : en quittant leurs notes du regard pour fixer l’auditoire et créer une véritable connexion humaine.

Un lexique au service de la conviction

L’exercice a également permis un enrichissement linguistique remarquable. Les élèves ont mobilisé un vocabulaire précis pour dénoncer le régime « liberticide » ou « tyrannique » et saluer la « résilience » et la « ténacité » de ces femmes qui étudient encore dans la clandestinité .

À travers des structures complexes — subordonnées relatives ou circonstancielles de concession — ils ont su exprimer des paradoxes forts : « Bien que le régime tente de museler les voix féminines, ces femmes intrépides continuent de revendiquer leur droit inaliénable à l’éducation ».

Plus que des victimes : des résistantes

Le message final porté par les élèves est clair : les femmes afghanes ne sont pas de simples victimes passives. Elles sont des résistantes. Par ce plaidoyer, la classe a réaffirmé que les droits des femmes sont des droits humains universels, appelant à une solidarité internationale sans faille.

« Puisque le monde regarde ailleurs, nous devons crier plus fort. »